Les 12 meilleurs joueurs de l'histoire argentine

Les 12 meilleurs joueurs de l'histoire argentine

2026-04-13

L'Argentine n'est pas qu'un pays ; c'est un véritable vivier de légendes. Des terrains de terre battue aux stades les plus modernes du monde, les footballeurs argentins se distinguent par leur intelligence de jeu, leur technique et leur ténacité à toute épreuve.

Dans cette liste, nous passons en revue 12 joueurs qui ont marqué leur époque et fait vibrer le monde.


 

1. Lionel Messi : Le Roi de la Régularité

Pour beaucoup, le plus grand joueur de tous les temps (GOAT). Messi a révolutionné le football moderne avec une carrière de plus de 20 ans au sommet, alliant un talent naturel à une ténacité sans faille face à l'adversité.

  • Plus grand exploit : Avoir mené l'Argentine à la « Triple Couronne » : la Copa América 2021, la Finalissima 2022 et la Coupe du Monde 2022 au Qatar.

  • Le but qui a sauvé la Coupe du Monde : Après la défaite surprise contre l'Arabie Saoudite, l'Argentine était menacée d'élimination face au Mexique. À la 64e minute, sous les acclamations du pays tout entier, Messi reçoit le ballon aux abords de la surface et décoche une frappe du gauche à ras de terre qui se loge dans le petit filet droit du but de Guillermo « Memo » Ochoa.

  • Détail clé : Ce but ouvre la voie à la finale. Selon la FIFA, ce tir a été effectué à plus de 120 km/h et restera comme le moment le plus chargé d'émotion du tournoi.

La finale de rêve : En finale contre la France, il inscrit deux buts décisifs. Le second, en prolongation (108e minute), est un cri de joie cathartique qui semble sceller le sort du match avant la séance de tirs au but.

 

Records légendaires :

  • Il détient le record du nombre de participations à la Coupe du Monde (26 matchs).

  • Il est le seul joueur à avoir remporté le Ballon d'Or de la Coupe du Monde à deux reprises (Brésil 2014 et Qatar 2022).

  • Avec 13 buts, il a dépassé Gabriel Batistuta et est devenu le meilleur buteur de l'histoire de l'Argentine en Coupe du Monde.

  • Pour ceux qui ne le connaissent pas : Messi est l'incarnation même du « héros discret ». Pendant des années, il a essuyé des critiques dans son propre pays, mais sa réponse a toujours été de redoubler d'efforts. Son histoire nous apprend que le véritable succès succède souvent à de nombreux échecs.

  • « Ça y est, ça y est ! », a déclaré Messi à sa famille après avoir remporté la Coupe du Monde, mettant ainsi un terme à une période de critiques et de souffrances (Source : TyC Sports, 2022). Une autre phrase entrée dans l'histoire après les quarts de finale fut la réplique rebelle : « Qu'est-ce que tu regardes, idiot ? Va là-bas ! », témoignant d'un caractère de leader qui a charmé les Argentins (Source : Interview d'après-match contre les Pays-Bas, 2022).


 

2. Diego Armando Maradona : Le « Dieu » du peuple

  • Plus qu'un joueur, une icône culturelle. Diego incarnait l'esprit rebelle et le talent brut du « potrero » argentin (terrain de football de rue), portés à leur apogée sur la scène internationale.

  • L'exploit ultime (Coupe du Mexique 1986) : Le 22 juin 1986, au stade Azteca, Maradona signait le plus beau but de l'histoire du football : le « But du Siècle » contre l'Angleterre. En seulement 10,6 secondes et sur 60 mètres, il éliminait quatre défenseurs anglais et le gardien Peter Shilton. Ce but revêtait une immense signification sociale pour l'Argentine, survenant quelques années seulement après la guerre des Malouines.

  • La narration qui l'a immortalisé : Le but fut immortalisé par la voix de Víctor Hugo Morales, qui le surnomma le « Cerf-volant cosmique ».

  • Extrait de l'article : « Cerf-volant cosmique ! De quelle planète viens-tu pour laisser tant d'Anglais derrière toi, au point que tout le pays se lève, poing levé, pour l'Argentine ? » (Source : Radio Continental, 1986).

  • Pour les non-initiés : Maradona n'a pas seulement gagné des titres ; il a transformé la réalité. Il a mené le modeste Napoli à la victoire à deux reprises en finale du championnat (1987 et 1990), défiant la puissance économique du nord de l'Italie et devenant une véritable idole à Naples, où il est encore vénéré aujourd'hui.

  • Anecdote intéressante : lors de ce même match contre l'Angleterre, quelques minutes auparavant, il avait inscrit le fameux but de la « Main de Dieu », illustrant les deux facettes du génie : la ruse et la perfection technique.

« J'ai commis une erreur et je l'ai payée, mais le ballon est resté pur. » (Source : Discours d'adieu à La Bombonera, 2001).

 


 

3. Alfredo Di Stéfano : La Flèche Blonde

Avant que le monde ne débatte entre Messi et Maradona, une seule réponse s'imposait : Di Stéfano. Il fut l'architecte du Real Madrid le plus dominant de l'histoire, remportant cinq Coupes d'Europe consécutives.

« Un buteur aux statistiques exceptionnelles, un triomphe en Argentine, en Colombie et en Espagne, et une renommée mondiale. Alfredo Di Stéfano était la "Flèche Blonde" du football, surnommé ainsi pour sa vitesse fulgurante et sa chevelure blonde. » (SOURCE : Cadena3 - Article de Jorge Parodi)

Carrière en club (Le Phénomène Mondial) :

- River Plate (Argentine) : Il évolua au sein de la légendaire ligne d'attaque de « La Máquina » (La Machine). Il termina meilleur buteur du championnat argentin en 1947, année où il gagna son surnom, en hommage à sa vitesse fulgurante.

Plus qu'une simple ligne d'attaque, La Máquina était un concept du jeu. Pedernera en était l'architecte. Son remplaçant l'année suivante ne serait autre qu'Alfredo Di Stéfano, l'un des meilleurs footballeurs du XXe siècle, futur multiple champion d'Europe avec le Real Madrid. River remportera même à nouveau le championnat en 1947, mais ce n'était plus La Máquina, et cela ne se reproduirait plus jamais. (Source : « Histoire de La Máquina, la ligne d'attaque la plus célèbre, mystérieuse et nocturne de River qui a captivé même Guardiola » ; TyC Sports)

- Millonarios (Colombie) : Il mena le célèbre « Ballet bleu », une équipe qui émerveilla le monde et vainquit le Real Madrid dans son propre stade, ce qui incita le club espagnol à tout faire pour le recruter.

- Real Madrid (Espagne) : Le club où il changea l'histoire du football européen, marquant 308 buts en 396 matchs officiels.

 

Exploit unique : Le Super Ballon d'Or :

En 1989, le magazine France Football a décidé de décerner un prix unique pour célébrer son 30e anniversaire. Di Stéfano a remporté le Super Ballon d'Or face à Johan Cruyff et Michel Platini, devenant ainsi le seul footballeur au monde à avoir reçu cette distinction.

  • Anecdote: Cette information, bien que peu connue, suscite de nombreuses recherches chez les collectionneurs et les historiens du football.

  • Record inégalé : Il est le seul joueur à avoir marqué lors de cinq finales consécutives de Coupe d'Europe (aujourd'hui Ligue des champions), remportant chacune d'elles entre 1956 et 1960.

 

Qui se souvient le mieux de lui ?

  • Pelé : La star brésilienne a déclaré à plusieurs reprises : « On débat sans cesse pour savoir si c'est Pelé ou Maradona. Pour moi, le meilleur, c'était Di Stéfano. »

  • Eusébio : La légende portugaise le considérait comme son mentor : « Di Stéfano était le footballeur le plus complet que j'aie jamais vu. »

  • Real Madrid : Le stade où s'entraîne l'équipe première et où joue le Real Madrid Castilla porte son nom, en hommage à celui qui a transformé le club en le plus grand du XXe siècle.

  • Pour les non-initiés : Di Stéfano n'avait pas de poste fixe. Il pouvait défendre dans sa surface, orchestrer le jeu au milieu et conclure les actions en marquant des buts. Il était le précurseur de ce que l'on appelle aujourd'hui le « football total ».

 

Auteur de phrases cultes telles que :

« Un joueur ne vaut pas toute son équipe. »

« Un match de football sans but, c'est comme un dimanche sans soleil. »

(Source : « Les meilleures citations d’Alfredo Di Stefano », ABC.ES).

 


 

4. Mario Alberto Kempes : El Matador

Héros du premier titre mondial de l'Argentine en 1978, il mit fin à une disette historique et mena l'Albiceleste au sommet du monde pour la première fois.

Carrière en club (Une idole sur deux continents) :

- Rosario Central (Argentine) : C'est là qu'il fit une entrée fracassante sur la scène footballistique, devenant le meilleur buteur de l'histoire du club à l'ère professionnelle.

- Valence CF (Espagne) : Son véritable foyer. Il remporta deux trophées Pichichi consécutifs (meilleur buteur du championnat espagnol) et mena le club à la victoire en Coupe du Roi, en Coupe des vainqueurs de coupe de l'UEFA et en Supercoupe de l'UEFA. Pour beaucoup, il est la plus grande idole de l'histoire de Valence.

- River Plate (Argentine) : Il retourna dans son pays natal pour remporter le titre de champion en 1981, formant une équipe de rêve aux côtés d'un jeune Diego Maradona (qui jouait alors pour Boca Juniors).

 

Exploit en Coupe du Monde : Le triplé de 1978 :

Kempes a réalisé un exploit rare dans l'histoire de la Coupe du Monde : lors d'un même tournoi, il a été sacré champion du monde, meilleur buteur (Soulte d'Or avec 6 buts) et meilleur joueur (Ballon d'Or).

  • Anecdote historique : Curieusement, il n'a pas marqué le moindre but lors du premier tour. César Luis Menotti, son entraîneur, lui a suggéré de se raser la moustache pour « conjurer le mauvais sort ». Pari réussi : à partir du deuxième tour, il a enchaîné les buts.

 

  • Le but qui a suspendu le temps : ses deux buts en finale contre les Pays-Bas, dans un stade Monumental recouvert de confettis, sont des images gravées dans l’ADN du sport argentin. Sa capacité à prendre le ballon par derrière les défenseurs néerlandais a défini le style de l’attaquant argentin : beau, puissant et techniquement doué.

Qui se souvient le mieux de lui ?

  • Diego Maradona : Il a toujours reconnu que Kempes était sa source d'inspiration. « Kempes a fait rayonner le football argentin dans le monde entier », a déclaré Diego Maradona dans son autobiographie, *Yo soy el Diego* (Source : Editorial Planeta).

  • La ville de Córdoba : Le principal stade de sa province natale, l'un des plus modernes d'Argentine, porte son nom : l'Estadio Mario Alberto Kempes.

  • Les supporters de Valence : Aujourd'hui encore, le chant « Ne dites pas Kempes, dites but ! » résonne à Mestalla.

  • Pour ceux qui ne le connaissaient pas : Kempes incarnait l'espoir durant une période politique et sociale très sombre en Argentine. Son football était un baume, et son humilité après le titre de champion (il n'est pas resté pour les célébrations officielles, préférant rentrer chez lui auprès de sa famille) a fait de lui un modèle d'humilité.

 

« Je me souviens de cette Coupe du monde comme d'un moment très spécial. Je ne l'oublierai jamais. C'était incroyablement difficile pour nous de rester calmes. Nous savions que 25 millions d'Argentins attendaient que nous marquions un but pour pouvoir fêter ça. Mais ce n'était pas du tout une pression. Au contraire : c'était une joie de pouvoir porter ce maillot et de se sentir soutenus par ce peuple. » (Source : Interview dans El Cronista).


 

5. Ángel Di María : L'Homme des Finales

« El Fideo », autrefois détesté, est devenu l'auteur des buts les plus importants de l'ère moderne.

  • Buts clés : Il a marqué lors de la finale des Jeux olympiques de 2008, de la Finalissima 2022, de la Copa América 2021 et de la Coupe du monde 2022.

Il est considéré comme l'un des meilleurs partenaires de Messi sur le terrain.

  • Le but qui a brisé la malédiction : Le but de Di María contre le Brésil en finale de la Copa América 2021. Après 28 ans de disette, c'est lui qui a fait taire le Maracanã lors de ce match mémorable.

  • Le chef-d'œuvre : À la 22e minute de la première mi-temps, Rodrigo De Paul a adressé une longue passe millimétrée qui a survolé la défense brésilienne. Di María, avec son élégance habituelle, contrôla parfaitement le ballon et, alors que le gardien Ederson sortait pour intervenir, conclut d'un subtil lob qui se logea au fond des filets.

  • Importance historique : Ce but assura non seulement la victoire 1-0 contre le Brésil, mais servit également de catalyseur, libérant Lionel Messi et toute l'équipe de la pression et inaugurant l'âge d'or de la « Scaloneta » (surnom de l'équipe).

DI MARIA POUR TOUJOURS : 11 MOMENTS AVEC L'ÉQUIPE NATIONALE :


 

6. Daniel Passarella : Le Grand Capitaine

Si le football argentin avait un visage synonyme d'autorité, ce serait celui de Passarella. Leader incontesté de l'équipe qui a soulevé la première Coupe du Monde en 1978, il était aussi l'icône défensive qui a marqué une époque à River Plate et dans le football italien.

Un exploit unique : Le seul double champion du monde

 

Le défenseur au nez d'attaquant (Statistiques IFFHS) :

Pendant des décennies, il a été le défenseur le plus prolifique de l'histoire du football mondial, jusqu'à ce que Ronald Koeman le surpasse.

  • Le chiffre : Il a marqué 175 buts en 551 matchs officiels. Cette statistique le place au sommet du classement des défenseurs avec la meilleure moyenne de buts par match de l'histoire de l'équipe nationale argentine et de River Plate (Source : IFFHS - Fédération internationale d'histoire et de statistiques du football).

  • L'« aimant » dans la surface : Un saut défiant les lois de la physique

  • Malgré sa taille de seulement 1,73 mètre, une stature modeste pour un défenseur central, Passarella possédait une détente extraordinaire qui lui permettait de sauter plus haut que des attaquants bien plus grands.

  • Anecdote : On disait de lui qu'il avait un « aimant » dans la tête. Sa technique de tête, tant pour dégager le ballon que pour attaquer, est encore étudiée aujourd'hui dans les centres de formation. Le magazine El Gráfico l'a un jour décrit comme « un défenseur central qui jouait dans les airs comme s'il disposait d'échelles invisibles » (Source : Archives historiques du magazine El Gráfico).

 

Carrière en club :

- River Plate : Il est la plus grande légende défensive du club, avec sept titres de champion d'Italie à son actif.

- Fiorentina et Inter Milan : En Italie, il reste dans les mémoires comme l'un des meilleurs défenseurs étrangers de l'histoire de la Serie A, à une époque où le football italien était considéré comme le championnat le plus relevé au monde.

Pour les non-initiés : Passarella était surnommé « Le Kaiser » en référence à Franz Beckenbauer. Son leadership était tel que, disait-on, même les arbitres le respectaient. C'était un leader exigeant, réputé pour sa discipline et son engagement sans faille.


 

7. Gabriel Batistuta : Le Batigol

Pendant des années, il a été le meilleur buteur de l'histoire de l'équipe nationale avant que Messi ne pulvérise tous les records.

Un attaquant qui ne se contentait pas de tirer au but, mais semblait vouloir transpercer les gardiens avec des frappes défiant les lois de la physique.

 

Record unique en Coupe du Monde :

Batistuta détient un record qu'aucun autre joueur argentin, ni Messi, ni Maradona, ni Cristiano Ronaldo n'a réalisé : il est le seul joueur de l'histoire à avoir inscrit un triplé (trois buts dans un même match) lors de deux Coupes du Monde différentes (contre la Grèce aux États-Unis en 1994 et contre la Jamaïque en France en 1998).

Pendant 20 ans, il a été le meilleur buteur argentin de l'histoire des Coupes du Monde avec 10 buts, jusqu'à ce que Messi le dépasse au Qatar en 2022 (Source : TyC Sports). « Cher Leo, félicitations ! J'ai détenu ce record pendant 20 ans et j'en ai pris grand plaisir. C'est maintenant un grand honneur et un immense plaisir de le partager avec toi, et j'espère sincèrement que tu pourras le battre lors du prochain match ! »

 

Le Roi Lion de Florence (Idole en Italie) :

Son passage à la Fiorentina est entré dans la légende. À une époque où la Serie A était le championnat des stars, Batistuta a inscrit 207 buts en 332 matchs.

  • L'anecdote : Sa fidélité était telle qu'il a suivi l'équipe en Serie B pour l'aider à remonter en première division. En 2014, il a été intronisé au Temple de la renommée de la Fiorentina, où les supporters ont érigé une statue en son honneur de son vivant (Source : Site officiel de l'ACF Fiorentina).

  • Le titre rêvé : Il a finalement connu la gloire en Italie, remportant le Scudetto avec l'AS Roma en 2001, formant un trio offensif inoubliable avec Francesco Totti et Vincenzo Montella.

Le sacrifice humain : « J'ai demandé qu'on m'ampute les jambes. »

Pour le lecteur non initié, l'histoire de Batistuta est celle d'un homme qui a surmonté l'adversité et la souffrance. Son dévouement était tel qu'il jouait malgré des injections constantes pour des douleurs chroniques aux chevilles.

Le récit de sa souffrance : Des années après sa retraite, il a confié lors d'une interview poignante que la douleur était si insupportable qu'il avait demandé à son médecin de l'amputer des jambes.

« J'urinais au lit pour éviter de me lever à cause de la douleur aux chevilles », a-t-il raconté (Source : Interview avec TyC Sports / Documentaire « Number Nine »).

« Je suis allé voir le Dr Roberto Avanzi (spécialiste en traumatologie et orthopédie) et je lui ai demandé de m'amputer les jambes. Il m'a regardé et m'a dit que j'étais fou. J'ai insisté, je n'en pouvais plus, j'étais toujours de mauvaise humeur. Je ne peux pas décrire la douleur, c'est impossible à faire comprendre. » (SOURCE : CONMEBOL.COM). Heureusement, une opération de la prothèse en 2019 lui a permis de retrouver sa mobilité.

  • Pour ceux qui ne le connaissent pas : Batistuta était bien plus qu'un simple buteur ; Il était un gentleman du sport. Malgré sa renommée mondiale, il a toujours cultivé la discrétion et une éthique de travail irréprochable. Il est le symbole du dévouement absolu : il a tout donné, jusqu’à sa santé, pour la gloire de son pays.

Citation de Messi : « Batistuta était un modèle pour nous tous. Dépasser son record a été un honneur, car nous savons ce qu’il représente pour notre équipe nationale. » (Source : Déclarations d’après-match, Copa América Centenario 2016).


 

8. Emiliano « Dibu » Martínez : Le Gardien des Buts

Bien que son ascension au sein de l'équipe nationale argentine ait été tardive (il a fait ses débuts à 28 ans), l'impact de « Dibu » est sans précédent. En moins de trois ans, il est passé de remplaçant régulier en Angleterre à gardien incontesté de l'Argentine et icône culturelle.

L'histoire de « Dibu » est le scénario idéal pour un film sur le dépassement de l'adversité. Derrière son physique imposant et son talent pour la stratégie se cache un parcours semé d'immenses sacrifices qui ont forgé son caractère inébranlable.

Le sacrifice d'un garçon de 12 ans :

Né à Mar del Plata, Emiliano quitte sa famille très jeune pour rejoindre le pensionnat d'Independiente à Avellaneda. Sa motivation première était la réalité de son foyer : voir son père (dockeur) et sa mère (femme de ménage) peiner à joindre les deux bouts. « J'ai vu mon père pleurer parce qu'il n'arrivait pas à payer les factures », s'est-il souvenu à plusieurs reprises, considérant ce moment comme le début de sa soif de gloire.

Exil prématuré et « solitude » londonienne :

À 17 ans, sans avoir encore joué pour l'équipe première d'Argentine, Arsenal, en Angleterre, a racheté son contrat. Martínez a accepté l'offre non par soif de gloire, mais par nécessité. Il a passé une décennie à être prêté de club en club dans les divisions inférieures anglaises (Oxford, Sheffield Wednesday, Rotherham, Reading), vivant des années d'anonymat et de frustration dans l'attente d'une opportunité qui semblait ne jamais venir.

Sa grande chance est finalement arrivée en 2020 suite à la blessure d'un coéquipier d'Arsenal. Dès lors, son ascension a été fulgurante. Son histoire méconnue explique pourquoi, à la 123e minute contre Kolo Muani, ses jambes n'ont pas tremblé : c'était le fruit de dix années de lutte contre l'oubli en Angleterre.

El Dibu incarne la résilience. Il a failli abandonner le football faute de temps de jeu, mais la naissance de son fils et l'aide d'un psychologue du sport l'ont aidé à se recentrer.

Le seul double vainqueur du Trophée Yashin :

Martínez est entré dans l'histoire du Ballon d'Or en devenant le premier gardien de but à remporter le Trophée Yashin deux fois de suite (2023 et 2024), une récompense décernée par le magazine France Football au meilleur gardien du monde.

L'arrêt du siècle (122:43) :

Dans les dernières minutes de la finale de la Coupe du monde 2022 au Qatar, Martínez a réalisé ce que la FIFA et de nombreux analystes qualifient d'« arrêt le plus décisif de l'histoire ». À la 123e minute, il a repoussé du pied gauche une frappe de Randal Kolo Muani, une frappe qui aurait offert le titre à la France.

La « Loi Anti-Dibu » (Modification des Règles du Football) :

Les provocations et les tactiques psychologiques employées par Emiliano « Dibu » Martínez contre les Pays-Bas en quarts de finale et contre la France en finale de la Coupe du Monde 2022 au Qatar (et auparavant en Copa América) n'ont pas échappé aux instances dirigeantes. C'est pourquoi une règle, rapidement surnommée « Loi Anti-Dibu Martínez » par les médias du monde entier, a été introduite. Cette règle modifie le comportement des gardiens de but lors des tirs au but.

La nouvelle Règle 14 stipule que les gardiens de but ne peuvent plus toucher les poteaux, le filet, ni déconcentrer le tireur de penalty de manière irrespectueuse. Cette modification est connue dans la presse sportive internationale sous le nom de « Loi Anti-Dibu ».

« Écoute, je vais te dévorer tout cru, mon frère », la phrase qu'il a immortalisée lors de la séance de tirs au but contre la Colombie, est devenue la marque de fabrique de son style de jeu.

 


 

9. Omar Sívori : « El Cabezón » (Le Gros Tête)

Une star des années 1950 et 1960. Il a brillé à River Plate et à la Juventus.

Le « Transfert du Siècle » qui a permis la construction d'un stade :

  • Sívori n'a pas seulement apporté la gloire sportive à River Plate, il a aussi contribué à l'achèvement de son stade. En 1957, il a été vendu à la Juventus pour la somme record de 10 millions de pesos.

  • Impact historique : Grâce à cette somme, River a pu achever la construction de la tribune nord du Stade Monumental. Aujourd'hui, comme un juste retour des choses, cette tribune porte son nom : la tribune Omar Sívori (Source : TyC Sports - Qui était Sívori, la star qui a donné son nom à une tribune ?).

Ballon d'Or 1961 (Fierté Nationale) :

Sívori est le deuxième joueur né en Argentine à remporter le Ballon d'Or (après Di Stéfano). Il a atteint ce niveau en tant qu'Italien naturalisé, mais a toujours défendu son style de jeu brut et authentique, hérité de la région du Río de la Plata. À la Juventus, il a formé le « Trio Magique » avec John Charles et Giampiero Boniperti, inscrivant 167 buts et remportant trois Scudettos.

Les « Anges au Visage Sale » :

Il était la figure centrale de l'une des meilleures lignes d'attaque de l'histoire de l'équipe nationale argentine : les « Anges au Visage Sale », vainqueurs du Championnat d'Amérique du Sud 1957 à Lima. On les surnommait ainsi car ils jouaient comme des enfants dans la boue, avec ruse et sans crainte de se salir face aux géants du continent.

Le Style Sívori :

  • Sa marque de fabrique était de jouer chaussettes baissées et sans protège-tibias. C'était un défi direct lancé aux défenseurs ; il leur disait : « Voilà mes jambes, essayez de me toucher ! » Il adorait faire des petits ponts à ses adversaires, non seulement pour l'efficacité du geste, mais aussi pour les humilier sportivement.

  • Pour les non-initiés : Sívori incarne la transition du football d’un sport à un spectacle. Il fut l’une des premières « célébrités » du football en Italie, connu pour son train de vie fastueux et son tempérament explosif, qui lui valut des affrontements avec les entraîneurs et les arbitres.

 


 

10. Javier Zanetti : « Pupi »

  • L'exemple ultime du professionnalisme et de la longévité. Il est non seulement une légende argentine, mais aussi un trésor du football italien.

Exploit historique : Le capitaine du triplé (2010) :

  • En 2010, Zanetti a mené l'Inter Milan au triplé (Serie A, Coupe d'Italie et Ligue des champions de l'UEFA). Il est le premier capitaine d'une équipe italienne à réaliser cet exploit.

  • Record de matchs joués : Il détient le record du nombre de matchs joués dans l'histoire de l'Inter Milan, avec un total de 858 rencontres officielles.

  • Statistiques en équipe nationale : Pendant des années, il a été le joueur le plus capé de l'Albiceleste (143 ou 145 sélections, selon les sources), un record ensuite battu par Mascherano et Messi.

Le secret de sa longévité :

  • Il a pris sa retraite à 40 ans (en 2014) après 19 saisons consécutives en Europe.

 

  • Anecdote intéressante : On raconte que même le jour de son mariage ou pendant ses vacances, Zanetti n’a jamais cessé de s’entraîner. Les médecins de l’Inter Milan ont déclaré qu’à 40 ans, ses tests de force et d’endurance étaient identiques à ceux d’un athlète de 20 ans.

  • Pour les non-initiés : En dehors des terrains, Javier est reconnu pour son engagement humanitaire à travers la Fondation PUPI, qui vient en aide aux enfants vulnérables en Argentine. Son image est synonyme de fair-play : en près de mille matchs, il n’a reçu que deux cartons rouges.

 

ACTUELLEMENT : Vice-président du Comité de la responsabilité sociale de la FIFA.

« L’engagement à utiliser le pouvoir du football pour générer un changement positif dans la société guide toutes les activités de la FIFA. L’organisation œuvre sans relâche, à travers ses équipes de protection, de développement durable, de droits humains et de lutte contre les discriminations, ainsi que grâce au travail important de la Fondation FIFA, pour garantir l’accès au football pour tous et faire en sorte que le respect et la sécurité dans les environnements footballistiques ne soient pas un privilège, mais un droit fondamental. » SOURCE : (FIFA.com)


 

11. Ubaldo Fillol : « El Pato » (Le Canard), le gardien de but légendaire

Pour la plupart des historiens, Fillol est le meilleur gardien de but que l'Argentine ait jamais connu. Son style ne reposait pas uniquement sur des réflexes exceptionnels, mais aussi sur une intuition qui semblait lui permettre d'anticiper la trajectoire du ballon avant même que l'attaquant ne frappe.

Exploit en Coupe du Monde : Le héros de la première étoile (1978) :

Il a été un joueur clé de la victoire en Coupe du Monde 1978. Sa performance en finale contre les Pays-Bas (notamment son arrêt face à la République de Palestine) et son arrêt sur penalty face à Deyna contre la Pologne restent des moments forts de l'histoire du football argentin.

  • Meilleure distinction : Il a été élu meilleur gardien de but de la Coupe du Monde 1978 et a figuré dans l'équipe type du tournoi (Source : Musée de la FIFA / Archives de l'AFA).

Le record d'arrêts sur penalty :

Fillol détient un record impressionnant dans le football argentin : il est le gardien de but ayant arrêté le plus de penalties dans l'histoire du championnat argentin, avec un total de 45 (Source : Les Gardiens de la Surface : Les Gardiens de but argentins qui ont arrêté le plus de penalties / Magazine El Gráfico).

 

 

La carrière d'un géant :

  • Il a brillé à River Plate, où il a remporté 7 titres, mais a également marqué l'histoire à Flamengo au Brésil et à l'Atlético de Madrid. Il a pris sa retraite à 40 ans à Vélez Sarsfield, arrêtant un penalty lors de son dernier match officiel.

  • Pour les non-initiés : Son surnom « Pato » (Canard) lui vient de sa démarche chaloupée et de son agilité entre les poteaux. Fillol est la vedette de la photo iconique de « l'étreinte de l'âme » après la victoire de l'Argentine à la Coupe du monde 1978, l'une des images les plus marquantes de la culture argentine, où un supporter sans bras s'approche pour l'enlacer, lui et Tarantini.

 

“Toque el cielo, amigo. Te puedo asegurar que gracias al fútbol toqué el cielo con las manos…”(FUENTE: Infobae)
“Toque el cielo, amigo. Te puedo asegurar que gracias al fútbol toqué el cielo con las manos…”(FUENTE: Infobae)

 

« Quand je suis arrivé ici, vers 1973, j'ai déclaré que le but de River Plate était le plus beau du monde. Une phrase est née et est entrée dans l'histoire. Aujourd'hui, à l'approche de mes 70 ans, je vais la modifier. C'est le même but que tous les autres, mais c'est le but le plus chargé d'histoire au monde. Et c'est ce qui le rend si exceptionnel et si difficile à égaler. » (SOURCE : cariverplate.com.ar - Rubén Sagarzazu)

 

12. Juan Román Riquelme : Le dernier numéro dix

Riquelme ne jouait pas au football ; il dictait le rythme du jeu. Il est le porte-étendard d'une espèce en voie de disparition : le meneur de jeu classique qui privilégiait l'intelligence au jeu physique.

Carrière en club :

- Boca Juniors : Là où il est devenu une légende (3 passages).

Anecdote : Visiter la maison d'enfance de Riquelme est le rêve de tout fan. Pour ceux qui souhaitent visiter le musée et explorer le stade mythique en toute sécurité et avec un guide, des sites web comme Daytours4u ou Tangol proposent des formules conçues pour que les touristes puissent se détendre et profiter pleinement de leur expérience.

- FC Barcelone : Son passage en Europe où, malgré son talent, il s'est heurté à la rigidité tactique de Louis van Gaal.

- Villarreal CF : Il a mené une modeste équipe espagnole jusqu'en demi-finale de la Ligue des champions de l'UEFA, transformant le club à jamais.

- Argentinos Juniors : Son club formateur, où il est retourné pour obtenir la promotion et prendre une retraite en beauté.

 

Événement historique : La nuit où il a humilié les Galactiques (2000) :

Lors de la finale de la Coupe intercontinentale 2000, Riquelme a offert une véritable leçon de football au Real Madrid, aux côtés de Figo et Roberto Carlos. Pendant 90 minutes, il a si bien protégé le ballon que même des joueurs du calibre de Claude Makélélé n'ont pas réussi à le lui prendre.

 

Records et exploits en Copa Libertadores :

  • Il détient le record du nombre de matchs joués en Copa Libertadores à La Bombonera.

  • Il a remporté trois titres en Copa Libertadores (2000, 2001, 2007). Sa performance en 2007 est considérée par la presse sportive comme la meilleure performance individuelle de l'histoire du tournoi, avec huit buts inscrits lors de cette édition (dont deux en finale contre Grêmio).

 

Qui se souvient le mieux de lui ?

  • Zinédine Zidane : La star française a demandé à échanger son dernier maillot avec Román, déclarant : « Si j'étais entraîneur, Riquelme serait toujours titulaire. »

  • Andrés Iniesta : Il a affirmé à de nombreuses reprises que l'apprentissage auprès de Román à Barcelone avait été fondamental pour sa carrière.

  • Villarreal CF : Le club espagnol l'a intronisé au « Hall of Fame » après l'avoir mené au sommet du football européen.

  • « LE TOPO GIGIO » : La vérité derrière sa célébration où il portait les mains aux oreilles. Ce n'était pas un simple geste ; c'était un acte de rébellion contre la direction du club, une façon de défendre ses droits et ceux de ses coéquipiers. Un symbole d'intelligence et de fierté. (Source : TyC Sports)

  • Citation : « Le ballon m'a tout donné. C'est le plus beau jouet qui soit. » (Source : Interview d'Horacio Pagani, TyC Sports).

 

La passion que nous avons décrite dans ces 12 portraits est palpable dans tous les stades de Buenos Aires. Si vous souhaitez vivre le prochain grand exploit depuis les tribunes, nous vous recommandons de consulter les offres de Futboltour, Tangol et Daytours4u, agences spécialisées dans l'immersion des voyageurs dans l'ambiance vibrante du football international en Argentine.